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Pêche et aquaculture en Tunisie

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La pêche en Tunisie

Avec ses deux façades maritimes longeant 1350 Km, un domaine maritime national de 80 000 km2 et 105 200 hectares de lagunes, la Tunisie a toujours été un pays de marins et la pêche a toujours constitué une activité d’une importance certaine. Ce secteur stratégique représente 8 % de la valeur de la production agricole et 1.1% du produit national brut et génère environ 53.000 emplois directs.

L’infrastructure portuaire comporte 41 ports dont dix ports hauturiers : Tabarka, Bizerte, La Goulette, Kélibia, Sousse, Téboulba, Mahdia, Sfax, Gabès et Zarzis et 31 ports côtiers et sites de débarquement. La capacité totale d'accueil de ces ports est de 150 000 tonnes de produits de la mer par an. Lire plus

L’aquaculture en Tunisie

L'aquaculture en Tunisie est une activité très ancienne qui remonte à l'époque romaine comme l'attestent les mosaïques du musée du Bardo, à Tunis.

L’expérience tunisienne récente dans ce domaine remonte aux années 1960. Initiée par le secteur privé, elle a débuté avec l’élevage de la moule méditerranéenne «Mytilus galloprovincialis» et l’huitre creuse du Pacifique «Crassostrea gigas» sur tables fixes à Bizerte.

L’approvisionnement en naissains de moules se fait localement par captage dans la lagune de Bizerte alors que celui d’huître se fait par importation de l’étranger (France, Italie…). Lire plus

Filières de production

Malgré que l’expérience tunisienne dans l’élevage de la moule méditerranéenne et de l’huitre creuse du Pacifique dépasse le demi siècle, cette filière n’a pas pu dépasser une production de 200 tonnes/an. Les estimations sont toujours au delà de la production réelle.

Le Plan Directeur de l’Aquaculture a estimé un potentiel de production de 8000 tonnes de palourde grossis dans le Golfe de Gabès. Pour les moules et les huitres, le PDA a évalué le potentiel de production à plus de 1000 tonnes/an tout en recommandant de retenir un développement très progressif pour ces deux espèces en fonction de la progression du marché national et des possibilités d'exportation. Il a recommandé en outre un renforcement des contrôles sanitaires et une campagne de promotion portant principalement sur la consommation de la moule.

Le IXe Plan de développement (1997-2001), a fixé un objectif de production de 300 t de moules et d’huitres et 900 tonnes de palourde à l’horizon 2001, le taux de réalisation enregistré pour les moules et les huitres n’est que de 50% et aucun projet de grossissement de palourde n’a été installé.

Le Xe Plan de développement (2002-2006) a fixé un objectif de production de 1200 tonnes de coquillages (1000 t de Moules et Huîtres et 200 t de Palourdes). La production déclarée en 2006 n’est que de 127 tonnes.

Les objectifs productifs du XIe plan de développement (2007 – 2011) prévoient une production de 800 tonnes de moules et d’huitres et 300 tonnes de palourde à l’horizon 2011. La production déclarée en 2011 est à peine de 166 tonnes de moules et d’huitres.

  Production en tonnes
2001 85
2002 103
2003 90
2004 62
2005 125
2006 127
2007 200,5
2008 129
2009 158
2010 167
2011 166
2012 115
2013 113
2014 162

La première initiative d’élevage de poissons marins a débuté en 1984 dans la lagune de Boughrara au sud de l’île de Djerba pour produire 400 tonnes /an de loup (Dicentrarchus labrax) et de daurade (Sparus aurata) en cages flottantes. Plusieurs sinistres naturels ayant pour origine des blooms phytoplanctoniques toxiques type Dinoflagellés en mer de Boughrara ont déstabilisé le fonctionnement de la ferme.

La deuxième initiative a été installée à 50 Km au Nord de Sousse et conçue pour produire de loups et de dorades dans des raceways situés à terre.

En 1995, le PDA a recommandé l’installation de fermes aquacoles à terre sur la côte Nord, la fabrication des aliments localement ainsi que la création de lotissements comprenant plusieurs fermes dont l'état prendra en charge les infrastructures de base (accès, viabilisation, prise d'eau et rejet…) pour avoir dix ans plus tard une production de 10.000 tonnes.

Depuis, l'investissement dans ce secteur n'évolue pas de la manière attendue malgré les actions entreprises par le gouvernement en faveur du développement du secteur aquacole. Ainsi, le IXe Plan de développement (1997-2001), a fixé un objectif de production de 3000 t de poissons marins à l’horizon 2001, le taux de réalisation enregistré n’est que de 24%. Le Xe Plan de développement (2002-2006) a fixé un objectif de production d’environ 2100 tonnes. La production déclarée en 2006 n’est que de 1252 tonnes.

En 2007, l’investissement dans cette filière a repris son équilibre suite à l'a mise en place d'une stratégie nationale de développement de la pêche et de l'aquaculture (2007 -2016) visant une production aquacole de l'ordre de 15 mille tonnes vers 2016 et permettant l’installation de 3 fermes d’élevage du loup et de dorade en cages flottantes et submersibles. Le nombre de fermes exploitant cette nouvelle technique est rapidement évolué pour atteindre 23 fermes au début de l’année 2011.

Les objectifs productifs du XIe plan de développement (2007 – 2011) prévoient une production de 4500 tonnes à l’horizon 2011. La production piscicole déclarée en 2010 est d’environ 4000 tonnes, celle en 2014 est d'environ 10000 tonnes.

  Production en tonnes
2001 909
2002 1000
2003 985
2004 1145
2005 1210
2006 1252
2007 1583
2008 1901
2009 2804
2010 4000
2011 5837
2012 7272
2013 10500
2014 9994

L’expérience tunisienne dans l’exploitation des retenues de barrages par la pêche remonte aux années 1960. Cette activité est initiée par l'Office National des Pêches (ONP) à travers l'alevinage de certaines retenues de barrage par les alevins de diverses espèces et leur exploitation par la pêche. La promulgation de l’arrêté du ministre de l'agriculture du 20 septembre 1994, relatif à la pêche dans les barrages, les cours et étendues d'eaux douces a permis de réglementer cette activité et de l’encadrer.

Actuellement, neuf gouvernorats sont concernés par ce type d’activité (Béja, Ben Arous, Bizerte, Jendouba, Le Kef, Nabeul, Zaghouan, Kairouan et Siliana). Le nombre de barques est estimé à 232 et le nombre de pêcheurs à 450. Ces pêcheurs sont des paysans des régions intérieures du pays qui ont un niveau de trésorerie assez bas. La pisciculture extensive leur offre la possibilité de produire de façon rentable un poisson pas cher, qu’ils pourront facilement vendre ou consommer.

La production dans les retenues de barrages est passée de 843.5 tonnes en 2000 à plus de 1170 tonnes en 2010. Les captures les plus importantes se font l'hiver, les espèces communément pêchées sont : la carpe, le sandre, les mulets, l’anguille, le silure, le barbeau et le tilapia. Lorsqu'elles sont importantes, les captures sont écoulées sur le marché de gros de Tunis sinon elles sont commercialisées dans les villes et villages proches des retenues ou autoconsommées.

Les bonnes croissances observées sur les espèces introduites, les installations de quelques groupements et jeunes diplômés sur quelques retenues, les productions obtenues, montrent à l'évidence que les lacs de barrage représentent un potentiel important dont il faut poursuivre leur mise en valeur. Néanmoins, la gestion halieutique des retenues de barrages en Tunisie connait plusieurs problèmes tant sur le plan administratif que technique. L’absence d’un système fiable de collecte des statistiques de pêche dans ces retenues forme un handicap majeur pour le développement de cette filière. Les statistiques déclarées sont aussi bien critiqués par les professionnels que par les scientifiques inhibant ainsi toute étude fiable se basant sur ces données.

D’autre part, et malgré les efforts déployés par l’état à travers ces différents organismes (administration, centre technique, instituts de recherche) que ce soit par intervention directe ou bien à travers des projets de développement financé par des fonds internationaux, les quantités produites restent au delà des prévisions de différents plans et stratégies de développement économique et social.

Le PDA a recommandé la mise en valeur piscicole de toutes les retenues de barrage en favorisant au maximum la capture de mulet pour le marché tunisien et le sandre pour l'exportation. Le potentiel de production a été évalué à plus de 1000 tonnes/an. Ceci devra être atteint suite au transfert du sandre et des poissons fourrages dans les barrages où ils ne sont pas présents, l'introduction de carpes chinoises produites en écloserie et l'alevinage annuel et systématique en alevins de mulets ainsi que l'amodiation progressive de toutes les retenues à des groupements de pêcheurs ou à des sociétés privées.

Ainsi, le IXe Plan de développement (1997-2001), a fixé un objectif de production de 1100 t de poissons d’eau douce et saumâtre, provenant de fermes piscicoles et de la pêche dans les barrages à l’horizon 2001, le taux de réalisation enregistré n’est que de 82%.

Le Xe Plan de développement (2002-2006) a fixé un objectif de production des poissons d’eau douce d’environ 1700 tonnes. La production déclarée en 2006 n’est que de 1086 tonnes.

Les objectifs productifs du XIe plan de développement (2007 – 2011) prévoient une production de 2200 tonnes à l’horizon 2011. La production déclarée en 2010 est à peine de 1176 tonnes.

  Production en tonnes
2001 862
2002 869
2003 860
2004 1050
2005 1100
2006 1150
2007 1114
2008 1114
2009 1125
2010 1176
2011 919
2012 969
2013 997
2014 1034