Les investissements privés approuvés dans le secteur aquacole tunisien ont atteint 30,7 millions de dollars (88,1 millions de dinars) en 2025, soit trois fois plus que les 9 millions de dollars (26 millions de dinars) enregistrés en 2024, selon le dernier bulletin statistique de l’Agence de promotion des investissements agricoles.

Cette forte hausse des projets approuvés témoigne d’une participation croissante du secteur privé dans un segment qui demeure relativement sous-développé par rapport à la pêche traditionnelle, laquelle représente toujours la majeure partie de l’approvisionnement halieutique en Tunisie, note à ce propos Food Business .

Bien que l’APIA n’ait pas précisé la nature des projets approuvés, l’ampleur des financements indique que les investisseurs se positionnent au sein d’un secteur que le gouvernement entend développer au cours des prochaines années.

Objectif de production fixé pour 2030

Selon un rapport de marché publié en août par le Département de l’Agriculture des États-Unis, la Tunisie ambitionne d’accroître sa production de poissons d’élevage de 54 % pour atteindre 50 000 tonnes d’ici 2030, contre 23 000 tonnes en 2024.

Cet objectif s’inscrit dans le cadre d’efforts plus vastes déployés par les autorités tunisiennes pour diversifier les sources d’approvisionnement en poisson et réduire la pression exercée sur les ressources côtières, fortement sollicitées par la pêche traditionnelle, la surexploitation et les pratiques illégales.

De ce fait, l’aquaculture devrait représenter 17 % du total des investissements privés autorisés dans le secteur agricole en 2025, la plaçant ainsi parmi les principales destinations des capitaux au sein de l’industrie.

Les données de l’Agence de promotion des investissements agricoles montrent que le total des investissements privés approuvés dans le secteur agricole tunisien a atteint 180,2 millions de dollars US (515,3 millions de dinars) en 2025. L’agriculture conventionnelle a attiré 96,2 millions de dollars US (275,3 millions de dinars), soit 53,4 % du montant total.

Après les cultures et l’élevage, l’agriculture et les services de pêche maritime ont capté 19,3 % du total des fonds approuvés, devançant l’aquaculture. Le reste a été alloué à la pêche de capture et à la première transformation des produits agricoles et maritimes.

51% du total mondial

L’aquaculture, pisciculture,  conchyliculture et algoculture confondues,  représentent « 51 % du total mondial » et « fournissent 57 % des produits animaux aquatiques utilisés pour la consommation humaine dans le monde », selon ce rapport sur la « situation mondiale des pêches et de l’aquaculture ».

« Alors que la production des pêches de capture est restée pratiquement inchangée depuis des décennies, l’aquaculture a augmenté de 6,6 % depuis 2020 », note le directeur général de la FAO Qu Dongyu.

Ainsi, le commerce mondial des animaux aquatiques a atteint un niveau record  avec 195 milliards de dollars, une hausse de 19 % par rapport à 2019, avant la pandémie du Covid.

La Chine occupe la première place en termes d’exportations (12 %), ensuite vient la Norvège (8 %) et le Vietnam (6 %). Ces trois pays regroupent ensemble le quart des exportations, dont au moins 230 pays et territoires participent à ce commerce international.

L’Union européenne est la principale destination de toute cette production, mais au niveau des pays, ce sont les États-Unis qui sont en tête avec 17 % de la demande, suivis par la Chine avec 12 %.

L’agence des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) souligne que près de 89 % de la production mondiale d’animaux aquatiques est destinée à la consommation humaine. Au cours des 60 dernières années, la consommation d’animaux aquatiques est passée de 9,1 à 20,7 kg par personne. C’est près de 15 % de l’approvisionnement mondial en protéines animales qui proviennent d’animaux aquatiques, une proportion qui peut atteindre plus de 50 % dans certains pays d’Asie et d’Afrique.

« Les systèmes aquatiques sont de plus en plus reconnus comme vitaux pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle », note le directeur général de la FAO.

Les stocks de poissons « biologiquement durables » continuent malheureusement à décliner, autour de  62 %.

Source : https://africanmanager.com/

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